25 Février 1918

Contrairement à la crainte que j’émettais plus haut, nous n’avons pas eu, depuis la grosse alerte d’il y a huit jours, à enregistrer de nouvelle incursion d’avions boches. Il faut dire que le temps, qui s’est modifié et mis à la pluie, n’est guère propice aux visites des gothas ; nous ne nous en plaignons pas du tout et souhaitons au contraire que les nuits continuent à être horriblement sombres et que le vent souffle avec plus de violence encore. Nous serons au moins tranquilles pendant quelque temps.

1918 02 25 Palais de Compiègne

une vue du Palais de Compiègne, côté Parc, vers 1950 (Coll. pers.)

Par exemple, afin que l’histoire du 16 ne transpire pas trop vite, le contrôle postal a cru devoir retenir les lettres émanant du G.Q.G. pendant plusieurs jours, ce qui a occasionné une grande perturbation dans le courant normal de la correspondance. Aussi, ma femme, ne pouvant s’expliquer mon silence, m’a-t-elle écrit, coup sur coup, des lettres de plus en plus alarmées et je ne suis pas le seul dans ce cas. Heureusement, la consigne doit être levée maintenant et, les courriers se régularisant à nouveau, toute inquiétude va bientôt disparaître.