9 Mars 1918

 Le temps s’est décidément remis au beau fixe et, naturellement, les oiseaux nocturnes ennemis en profitent pour recommencer leurs meurtrières promenades. Hier soir, ils ont survolé notre ville en colonnes massives, mais le but de leur randonnée n’était pas Compiègne, mais encore une fois Paris.

Ont-ils fait de nombreuses victimes et causé beaucoup de dégâts ? Nous n’en savons rien encore.

1918 03 09 bombardement du 8 mars rue Lafitte IXe 

Il semble, en fait que le 9ème arrondissement de Paris ait été particulièrement touché par les bombardements du 8 mars, comme cet immeuble de la rue Lafitte.

 

En tout cas, ils ont été copieusement canonnés et mitraillés au passage par les différents éléments de D.C.A. du G.Q.G.

Le poste de mitrailleurs, qui défend les abords du Château, se trouve installé exactement au-dessus de mon bureau, comme celui-ci est situé presque sous le toit, on doit se douter du tapage infernal que font les mitrailleuses lorsqu’elles sont en action ; je suis aux premières loges pour l’entendre, car il faut dire que, devant la fréquence des alertes, on se laisse entraîner à enfreindre les consignes et l’on ne descend plus dans les souterrains que lorsqu’il y a absolue nécessité.

Jusqu’ici, il n’est pas venu à notre connaissance qu’un seul appareil boche ait été descendu par nos 75 et nos mitrailleuses…

Quoi qu’il en soit, ces brigands nous ont obligés à ne nous coucher qu’à 2 heures du matin !