28 Mai 1918

Les nouvelles ne sont pas fameuses… Le Chemin des Dames est tombé entre les mains des Boches qui ont occupé Château-Thierry, creusant ainsi, dans notre front, une poche large et profonde ! Aussi, tous les visages sont-ils, une fois de plus, renfrognés.

Comme il fallait s’y attendre, à la suite de cette nouvelle crise, les permissions sont une fois de plus suspendues. Je n’arriverai certainement pas à partir et ma pauvre « perm » est encore renvoyée aux « calendes grecques » ! J’aurais bien voulu, cependant, pouvoir rejoindre ma femme et me rendre compte de son état, mais il n’y a rien à faire ; heureusement que le bulletin de santé qu’elle m’envoie quotidiennement, est bien meilleur maintenant et permet d’entrevoir la guérison dans un avenir moins éloigné qu’on aurait pu le craindre à un certain moment.

On parle d’un départ possible du G.Q.G. La nouvelle résidence choisie serait Sens et le cantonnement serait déjà prêt ; le Colonel Valentin s’étant, paraît-il, éclipsé un jour ou deux, cela serait significatif. L’autre soir, en rentrant, ayant entendu des braves femmes se dire entre elles : « Tant qu’ils restent là –on parlait de nous- c’est qu’il n’y a pas de danger », je me suis dit qu’il se pourrait bien que le danger, pour elles, soit plus imminent qu’elles ne le pensent.

05 28 Château-Thierry le pont sur la Marne a sauté

« Le Chemin des Dames est tombé entre les mains des Boches qui ont occupé Château-Thierry » (in http://www.arac51.com/Les-derniers-combats-decisifs-de.html )