10 Novembre 1918

Pendant que se poursuivent les pourparlers de l’Armistice, nous avons occupé Charleville et Mézières.

J’ai rempli un petit rôle –oh, bien modeste, assurément- dans l’immense événement qui s’accomplit en ce moment : c’est en effet moi qui ai fourni l’essence nécessaire à la mise en marche du groupe électrogène chargé d’éclairer les deux trains[1]. On avait pensé à tout sauf à ce petit détail ; alors mon camarade Toubeau[2], dont j’ai signalé plus haut la présence à Rethondes, a songé à moi pour combler cette lacune et m’a téléphoné à la popote à l’heure du diner avant-hier, pour demander mon aide. On doit se douter que j’ai fait aussitôt diligence pour lui donner satisfaction et vingt minutes après la réception de la communication téléphonique, la camionnette de mon groupe automobile partait pour Rethondes, emportant un chargement de bidons d’essence et ainsi, un peu grâce à moi, les délégués alliés et ennemis ont pu, malgré la nuit, poursuivre leurs travaux.

1918 11 10 Groupe électrogènes dans un Blockhaus à Coume       1918 11 10 groupe électrogène première guerre mondiale

A gauche, groupe électrogène français de la guerre de 14-18 (in https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Groupes_%C3%A9lectrog%C3%A8nes_dans_un_Blockhaus_a_Coume.JPG )

A droite, groupe électrogène allemand de la guerre de 14-18 (in https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Groupes_%C3%A9lectrog%C3%A8nes_dans_un_Blockhaus_a_Coume.JPG )



[1] Le premier train est constitué de trois fourgons, deux voitures équipées de couchettes, deux wagons-lits à cabines individuelles, un wagon-restaurant, le wagon 2443 comprenant chambre et salon, enfin le wagon-restaurant 2419-D, réaménagé pour l’occasion en une grande salle de réunion et une petite pour les dactylographes. Un groupe électrogène installé à bord assure l’éclairage et le fonctionnement d’un central téléphonique et d’appareils de télégraphie. (in https://www.lemonde.fr/series-d-ete-2018-long-format/article/2018/07/13/11-novembre-1918-le-calvaire-de-rethondes_5330992_5325928.html ) (NDLR)

[2] Voir le 8 novembre 1918 pour le portrait de Pierre Toubeau. (NDLR)