27 Novembre 1918

Me voilà depuis hier soir, de retour de mon voyage qui, pour mon cœur de patriote et de soldat, n’a été qu’une suit d’enchantements.

Partis en auto, le commandant Dentz[1] et moi, vers 8 heures le 24, nous étions à Provins à midi ½, sans incident notable. Sur la route, un peu après Senlis, mon compagnon m’a montré, au passage, un arbre sur lequel, dans le courant de 1915, je crois, l’auto du Général Foch, dans laquelle ce dernier se trouvait, s’était brisée. Le Général, grièvement blessé, s’en était tiré avec quelques semaines de soins et cela, pour le bonheur de la France.

Je dois dire qu’avant mon départ, j’avais tenu à me présenter au Colonel Boquet et à le remercier à nouveau d’avoir pensé à m’envoyer à Strasbourg. Il m’a aussitôt assuré que je n’avais pas à lui  adresser de remerciements car c’était à moi et non à d’autres que revenait cet honneur : « D’ailleurs, a-t-il ajouté, n’avez-vous pas été par là à une autre époque et n’est-il pas juste que vous y retourniez pour assister au triomphe ? »

A Provins, nous avons été les hôtes du Commandant Berger et de ce qu’il y reste de la D.T.M.A.[2], à la popote de la D.A.[3] le déjeuner, quoique bon, dut être rapide car il fallait être à la gare à 13heures ½, heure du départ du Train Spécial.

Rien de bien particulier ne s’est produit au cours de notre trajet. Nous avions un compartiment entier pour nous deux, c’est dire que nous étions à l’aise. A  Sommesous[4], nous avons aperçu, en passant, les innombrables et énormes pièces à longue portée de la réserve de l’A.L.V.F. (Artillerie Lourde sur Voie Ferrée), dont les gueules, presque toutes tournées vers l’Est, semblaient encore prêtes à aboyer.

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« A Sommesous nous avons aperçu les innombrables et énormes pièces à longue portée de la réserve de l’A.L.V.F…. » (in http://archives.marne.fr/download.cgi?filename=accounts/mnesys_cg51/datas/cms/Brochure_originale.pdf )

Plus loin, à Sermaize-les-Bains[5], encore en ruines depuis les combats de septembre 1914, nous avons traversé un vaste champ de tombes militaires, quelques-unes placées aux abords immédiats de la voie, sur le talus-même du chemin de fer. On s’est sauvagement battu par là et le terrain y a été chèrement disputé ; j’ai constaté, non sans une certaine joie, que les tombes allemandes étaient beaucoup plus nombreuses que les tombes françaises.

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Sermaize-les-Bains en ruines après les bombardements de 1914 (In https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d8/Sermaize_-_Fonds_Berthel%C3%A9_-_49Fi1872-133.jpg )

Le diner a eu lieu dans le Wagon-Restaurant attelé au train[6] et, après notre repas, la nuit étant depuis longtemps venue, nous avons installé notre lit avec les couvertures que nous avons eu la précaution d’emporter, sur la banquette dont chacun de nous disposait.

A cause de l’obscurité, malheureusement, nous n’avons pu nous rendre compte du moment où nous traversions les anciennes premières lignes, ce que j’ai bien regretté.

Au milieu de la nuit, alors qu’un assez long arrêt du train en pleine campagne m’avait réveillé, quelle n’a pas été ma surprise d’entendre des employés, marchant le long du convoi, échanger des paroles en allemand. Plus de doute, nous étions en Alsace et les voix que j’entendais, étaient celles d’hommes d’équipe du personnel boche, maintenu provisoirement en service, conformément aux clauses de l’Armistice. J’ai failli appeler mon compagnon pour lui faire remarquer ce fait, mais il dormait de si bon cœur que j’ai renoncé à troubler son sommeil.

A 6 heures, le 25, nous arrivions à Strasbourg par un temps gris et glacial.

Le chef de gare boche était sur le quai, raide et impeccable ; il avait, toutefois, abandonné le sabre dont, en Allemagne, ces fonctionnaires sont armés en temps ordinaire. Il donnait des ordres à ses subordonnés, saluait très correctement tous les officiers, mais ne semblait pas absolument heureux de notre présence.

J’ai oublié de signaler qu’au départ de Provins, le Général Gouraud, le Glorieux Manchot des Dardanelles, qui traine toujours très fortement la jambe, est monté dans notre train. C’était la 4ème Armée, la sienne, qui occupait la région de Strasbourg et il avait du en abandonner le  commandement pendant quelques heures pour assister aux derniers moments de sa mère qui vient de mourir. Aussitôt les cérémonies de Strasbourg terminées, il devait revenir à Paris pour les obsèques.

Au débarquer, j’ai retrouvé avec plaisir un certain nombre de figures de connaissances de Provins et de Compiègne et je crois bien que, moins modestes que la D.T.M.A. qui n’a délégué que deux officiers, tous les services du G.Q.G. sont presque en entier, présents ici.

Notre train, conduit sur une voie de garage et l’emplacement reconnu par nous, car c’était là que nous devions revenir pour prendre nos repas au Wagon-Restaurant, nous sommes sortis afin de faire connaissance avec la ville. La marche était assez malaisée, surtout pour moi, car il avait plu pendant la nuit et gelé ensuite, ce qui fait que les rues étaient recouvertes d’un verglas glissant ; mais ce dernier, combattu par un procédé que je n’avais pas encore vu employer jusqu’ici –des torrents d’eau projetés avec d’énormes lances par une nuée de cantonniers- n’a pas tardé à diminuer.

Personne ne pourra se rendre compte de l’inexprimable émotion à laquelle nous étions en proie, mon compagnon et moi, en foulant le sol de la capitale alsacienne ! Bien que nous voyions ainsi se réaliser le rêve de toute notre vie, nous ne pouvions nous rendre à l’évidence et croire qu’il était bien vrai que, en uniforme d’officier français et le sabre au côté, nous arpentions les rues de cette vieille cité strasbourgeoise, captive depuis 47 années et que c’était à nous qu’étaient adressés les saluts et les sourires des bourgeois qui semblaient nous dire : « Enfin, vous voilà ! » L’un de ces derniers nous aborda même pour nous raconter que les plus empressés à sortir des drapeaux français, avaient été … les Boches ; mais mal leur en a pris, car les étudiants les leur ont enlevés et dans le feu de l’action, ont quelque peu saccagé des boutiques et des magasins tenus par des Allemands ou des immigrés.

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L’entrée des troupes françaises dans Strasbourg le 21 novembre (in L’Illustration du 7 décembre 1918, Coll. pers.)

Dès mon plus jeune âge, j’avais tant de fois entendu affirmer que mon cher et regretté Père, dont le patriotisme et la confiance dans les destinées de notre pays ne s’étaient jamais démentis, qu’il était impossible que Strasbourg ne redevienne pas française un jour, que mon bonheur d’être là se trouvait encore décuplé de voir la réalisation de ses espérances ; toutefois, un voile de tristesse et de mélancolie venait un peu diminuer ce bonheur à la pensée que la joie unique que j’éprouvais en ce jour, aura été refusée au cher disparu !

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Affiche pour rendre Strasbourg à la France (in L’Illustration du 7 décembre 1918, Coll. pers.)

Toutes les fenêtres, sans exception, étaient pavoisées aux trois couleurs qui flottaient gaiement au vent.

Notre première visite, bien entendu, fut pour la cathédrale au sommet de laquelle on avait hissé un pavillon tricolore aux dimensions respectables. Quel majestueux et élégant monument que cette belle église de granit rose ! A l’intérieur, malheureusement, il ne nous a pas été possible de voir grand-chose car il y régnait une obscurité presque complète, tous les vitraux et verrières étant encore pourvus de leur revêtement de sacs à terre et de planches destiné à atténuer les effets des bombardements.

Puis en tram –c’est économique ce tram, on ne nous a rien fait payer, pas plus au retour qu’à l’aller ; il est vrai que l’on devait supposer, avec raison d’ailleurs, que nous ne possédions pas de marcks (sic)- nous avons été voir le Rhin aux Ponts de Kehl. Ces derniers marquent actuellement la nouvelle frontière et nous avons vu franchir celle-ci par de nombreux détachements de soldats revêtus de l’uniforme allemand au milieu desquels on remarquait quelques troupiers français. Les premiers étaient des Alsaciens que les Boches renvoyaient purement et simplement chez eux, les autres, des prisonniers français. Toute la matinée, des quantités de ces militaires isolés ont déambulé par la ville ; mais l’après-midi, ils avaient disparu : on les avait bien discrètement ramassés dans différentes casernes, nous a-t-on dit.

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« Nous avons été voir le Rhin aux ponts de Kehl » (in L’Illustration du 7 décembre 1918, Coll. pers.)

En ville, on rencontrait aussi beaucoup de jeunes filles revêtues du traditionnel costume, mais elles n’étaient guère jolies et avaient peu de rapport avec la charmante Suzel de « L’Ami Fritz »[7] : chaussées de gros et inélégants souliers, c’étaient, pour la plupart, de robustes campagnardes dont les bas blancs étaient odieusement maculés de boue. Deux ou trois d’entre elles, tout au plus, sortaient de l’ordinaire et étaient réellement bien, mais il ne s’agissait pas de paysannes, mais de jeunes bourgeoises ayant arboré le gracieux costume pour la circonstance.

Après le déjeuner, nous nous sommes rendus Place de la République, nom nouveau de la Place Impériale, devant l’ex-Palais impérial, pour assister au défilé. Le Maréchal Pétain, car ce dernier vient d’être élevé à la dignité de Maréchal de France, mais il n’en porte pas encore les insignes : les trois rangées de feuilles de chêne au képi, les sept étoiles sur la manche, et le bâton, devait faire son entrée par la porte de Schirmeck, à cheval et entouré d’un brillant état-major de 40 officiers, à cheval également ; mais en raison du verglas, cette cavalcade a été décommandée et le Maréchal a fait son apparition dans une auto  découverte précédée d’un peloton de Chasseurs d’Afrique. Il en est descendu en face du Palais, devant lequel il s’est tenu debout ayant comme vis-à-vis, le Général Gouraud qui devait lui présenter les troupes.

1918 11 27 Gouraud & Pétain place de la République le 25

« … nous nous sommes rendus Place de la République… » (in L’Illustration du 7 décembre 1918, Coll. pers.). A Strasbourg, le 25 novembre sur la place  de la République, devant le palais impérial allemand, le maréchal Pétain, devant un groupe de généraux, assiste au défilé des troupes qui lui sont présentées par le général Gouraud et salue un drapeau lacéré.

Impossible de décrire l’enthousiasme délirant de la foule innombrable massée sur le parcours suivi par nos soldats ! Tout ce qu’ont pu raconter les journaux à ce sujet, est bien au dessous de la vérité ; c’était absolument magnifique ! Ah, oui ! les Allemands pourront parler de plébiscite, de référendum, que sais-je… mais tout cela est bien inutile car le résultat en est connu d’avance et nous l’avons lu sur tous les visages qui, avidement, regardaient passer notre Armée.

Que dire du défilé ? Que ce fut le plus beau, le plus splendide de tous ceux que j’ai vus, et j’en ai vu un certain nombre !

Un régiment, en particulier, a fait l’admiration de tous les spectateurs, soldats aussi bien que bourgeois, c’est le 4e Zouaves, un régiment à fourragère rouge (autrefois, alors qu’il n’y avait que 4 Régiments de Zouaves, le 4e était le seul, parce qu’il n’avait encore jamais vu le feu, à avoir le tombeau[8] bleu foncé, de la couleur du fond de la veste ; il s’est bien rattrapé aujourd’hui et a largement égalé sinon dépassé ses aînés. Le tombeau, dans l’ancien uniforme des Zouaves, était la partie ovale formée par les tresses rouges ornant la veste et se reproduisant de chaque côté de celle-ci. Cet ovale formait en même temps poche et était rouge pour le 1er Régiment, blanc pour le 2e, jaune pour le 3e et bleu foncé, couleur du fond, pour le 4e.

Les officiers, pour la plupart très jeunes, tous en gants blancs ; les hommes, d’une tenue parfaite, on avait eu la bonne idée de les faire défiler en chéchia et non en casque ; le tambour-major jouant de la canne, tels les tambours-majors de l’ancienne armée impériale ; les tambours eux-mêmes, jonglant en cadence avec leurs baguettes, les jetant en l’air et les rattrapant avec une dextérité extraordinaire. Oh, le beau régiment ! Et comme je suis persuadé que tous ceux qui le composent conserveront dans leur cœur un souvenir impérissable de cette magnifique journée !

Le 10e C.A. –un corps d’armée dans lequel j’ai autrefois servi- appartenant à la IVe Armée, prenait part au défilé. A sa tête chevauchait le Général Van den Berg[9], son chef, un Alsacien qui, pour la circonstance, avait revêtu l’ancienne tenue, tunique noire et culotte rouge.

Au passage, j’ai reconnu le Général Dufieux[10], en tête de la 38e Division d’Infanterie qu’il commande maintenant.

Beaucoup de succès était réservé aussi aux troupes coloniales, tirailleurs et leur nouba, annamites, etc., à l’artillerie d’assaut, qui n’avait pas ses tanks, aux chasseurs, à l’artillerie lourde et de campagne, et puis aussi aux simples « biffins[11] » vêtus de bleu horizon… Ah ! que n’a-t-on pu faire revivre quelques unités de 1914, en pantalon rouge et en capote gris bleu, celles-là aussi auraient bien mérité d’être à l’honneur !

Après les régiments, les bataillons, les escadrons, le tour est venu des sociétés locales, gymnastes, fanfares, musiques, qui avaient su retrouver dans leur répertoire de vieilles marches françaises au son desquelles elles scandaient le pas allègrement, et, encadrant le tout, de longues théories d’Alsaciennes coiffées de leur immense nœud qui change de forme ou de nuance suivant le pays.

Toutes les fenêtres du Palais, jusqu’aux lucarnes des combles, étaient garnies de spectateurs ; aux arbres de la place, de véritables grappes humaines étaient suspendues.

Le défilé terminé, nous nous sommes rendus aussitôt à l’Hôtel de Ville où devait avoir lieu la réception du Maréchal par le Commissaire de la République, entouré de la municipalité, puis, sans perdre de temps et au milieu d’une foule des plus compactes, à la Cathédrale pour assister au « Te Deum ». La nef était archi bondée et en se haussant sur la pointe des pieds, on avait peine à apercevoir l’autel resplendissant de lumières. J’ai pu voir le Maréchal descendant les marches du chœur, entouré de prêtres revêtus d’ornements d’une richesse infinie et accompagné d’un prélat aux cheveux blancs qui s’appuyait sur son bras, minute vraiment émouvante autant qu’inoubliable. Perdu dans la foule des assistants, j’ai reconnu le profil aigu de Maurice Barrès.

Sous le porche, en sortant, j’ai rencontré le Général Dufieux qui sortait également et, me voyant, m’a dit toute la joie que lui laissait dans le cœur cette splendide journée. Pendant ce temps, sur le parvis, le Général Gouraud se démenait au milieu d’un groupe se Strasbourgeois d’humble condition sans aucun doute, petits bourgeois et ouvriers ; ceux-ci criaient : « Vive Gouraud ! » mais le Général leur disait : « Ce n’est pas Vive Gouraud ! qu’il faut gueuler, mais Vive la France ! » et tous en chœur de reprendre : « Vive la France ! »

Enfin, la série des cérémonies étant close, nous avons cherché un café où nous pourrions nous asseoir pendant une demi-heure ; nous en avons trouvé un plein à déborder où, après bien des réclamations et une attente suffisamment prolongée, on nous a servi, sous le nom de vermouth, la pus effroyable mixture qu’on puisse imaginer.

Au dehors, on voyait passer de bruyantes bandes de jeunes officiers et de soldats donnant le bras à des Alsaciennes et toute cette jeunesse manifestait sa joie et son bonheur par mille folies.

Nous avons ensuite dîné à notre Wagon-Restaurant et, après le repas, étant littéralement fourbu, j’ai prié mon compagnon, qui n’avait pas voulu me quitter de toute la journée, de ne pas s’occuper de moi et de m’abandonner dans notre compartiment où je me suis installé pour la nuit et endormi aussitôt.

Le train partait vers minuit et je ne me suis réveillé qu’à 8 heures à Nancy. Le 26, c'est-à-dire hier, nous débarquions à Provins à 16 heures 30 pour remonter immédiatement dans l’auto qui nous attendait, et reprendre la direction de La Morlaye où nous arrivions pour la fin du dîner[12].

On doit penser qu’il nous a fallu raconter par le menu tout ce que nous avions vu et répondu aux questions des camarades qui n’avaient pas eu la même chance  que nous, ce qui fait que nous avons assez mal dîné. Mais cela n’avait pas d’importance, n’avions-nous pas été à Strasbourg ?

1918 11 27 Foch Castelnau Vandenberg  1918 11 27

Après le départ de Lucien, les hommages à l’Alsace délivrée se poursuivent (in L’Illustration du 7 décembre 1918, Coll. pers.)

Le maréchal Foch, entre les généraux de Castelnau et Vandenberg, devant la statue de Kléber, à Strasbourg, le 27 novembre.



[1] Sur le Commandant Dentz, se reporter aux notes des 5 mars et 22 novembre 1918 (NDLR)

[2] D.T.M.A. : Direction des Transports Militaires aux Armées (NDLR)

[3] D.A. : Direction de l’Arrière (NDLR)

[4] Sommesous est situé dans le sud de la Marne, à la frontière avec l'Aube. Le village est situé à 29 km au sud-ouest de Châlons-en-Champagne et fut en partie détruit en septembre 1914 durant la première bataille de la Marne. (NDLR)

[5] Sermaize-les-Bains se situe dans le sud-est de la Marne, à la frontière avec la Meuse. La ville est arrosée par la Saulx au nord et par son affluent, la Laume, à l'est. Parallèlement à la Saulx, s'écoule le canal de la Marne au Rhin. Le sud de la commune est en grande partie boisé et est plus élevé que le reste du territoire. La ville est traversée par la route départementale reliant Vitry-le-François à Bar-le-Duc. Ne pas confondre avec la ville de Sermaize située dans l’Oise. Au cours de la Première Guerre mondiale, toute la ville fut détruite par un bombardement sauf la fontaine située devant l'hôtel de ville. (NDLR)

[6] Nous avons dîné à la même table que le Prince Ruspoli, le chef de la Mission italienne auprès du G.Q.G. qui, bien entendu, fait partie du voyage. Un peu bruyants et tapageurs, ces messieurs les Italiens. Dans le wagon-restaurant également, le Colonel de Cointet, selon son habitude, égrène son intarissable chapelet d’histoires gauloises. (note de l’auteur)

[7] L'Ami Fritz est un roman de Erckmann-Chatrian, écrit en 1864, peignant la vie dans une ville au XIXe siècle. En quelques phrases, l’intrigue : Fritz Kobus, bon vivant, héritier de son père juge de paix, décide de vivre sans travailler ni se marier afin de profiter de la vie, du bon vin, de la bonne chère, des amis à la brasserie du Grand-Cerf. Fidèle à sa philosophie pendant 15 ans, malgré les pressions du meilleur ami de son père, le rabbin David, qui lui présente régulièrement les plus jolies veuves. Comme chaque année, au premier jour du printemps, le bohémien Iôsef vient jouer du violon sous sa fenêtre. C'est à la fin de ce repas copieux, préparé avec art par la vieille Katel, et arrosé des meilleurs vins accumulés par le père et les grands-pères de Fritz dans sa cave, que passa la jeune Sûzel, la fille du fermier anabaptiste Christel qui s'occupe de la ferme des Kobus… (NDLR)

[8] Le tombeau, orthographié également tombô est décrit comme un élément de la veste de l’uniforme du Zouave : la « bedaïa », veste-boléro de forme algérienne, en drap bleu foncé avec passepoils et tresses garance, est portée sur le « sédria », gilet algérien sans manche en drap bleu foncé à tresses garance. Le « tombô » de la veste, sorte de fausse poche dessinée par une arabesque formée par la tresse décorative, est à la couleur du régiment. (NDLR)

[9] Plutôt orthographié en un seul mot, Vandenberg (NDLR)

[10] Général Dufieux, cité le 10 février 1918, alors qu’il n’était encore que colonel. (NDLR)

[11] Biffin : vient de l’ancien français biffe (XIIe siècle) qui désignait une étoffe rayée puis un chiffon sans valeur. Le mot biffin signifie d’abord « chiffonnier » (XIXe siècle) puis « fantassin » à cause du sac qu’ils portent sur le dos tels les chiffonniers. (Wiktionnaire, NDLR)

[12] Mon compagnon, le Commandant Dentz, était nouvellement réaffecté à la D.T.M.A., à laquelle il avait déjà appartenu dans les premiers jours de la guerre. Il a quitté la D.G.C.R.A. (Direction Générale des Communications & Ravitaillements aux Armées) au début de 1919 et, après avoir rempli différents emplois en Tchécoslovaquie, à Constantinople, en Syrie, il vient d’être promu, fin octobre 1926, Lieutenant-colonel au 95e Régiment d’Infanterie à Bourges. En juin 1931, il est promu Colonel, et maintenu comme Chef d’Etat-Major à la 9e Division d’Infanterie, comme détaché au centre d’Instruction des Hautes Etudes Militaires. (note de l’auteur)