17 septembre 2014

17 Septembre 1914

17 Septembre 1914 Décidément, ce n’est pas encore à Lenoncourt que nous nous reposerons. De grand matin, mon ordonnance (depuis que je suis pourvu d’une monture, j’ai, comme ordonnance, Oblinger[1], l’ancien ordonnance du Capitaine Dard) vient me réveiller et m’annonce que le Régiment part dans une heure. Allons, debout ! Il faut nous remettre en route et reprendre la vie errante à laquelle nous sommes condamnés. Peut-être le hasard, auquel nous n’avons pas d’autre alternative que de nous abandonner, prendra-t-il le soin de nous... [Lire la suite]
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16 septembre 2014

16 Septembre 1914

16 Septembre 1914 A 10 heures, l’ordre parvient au Capitaine Bérault, d’avoir à tenir son Bataillon prêt à partir pour midi. J’ai tout juste le temps de faire faire la soupe afin que les hommes puissent la manger avant le départ. De notre côté, nous houspillons notre maître-queux pour faire que notre déjeuner soit rapidement prêt. Enfin, tout va bien et chacun y met de la bonne volonté.  Trois minutes avant l’heure fixée, je vois arriver la compagnie dont j’avais chargé le sergent-major d’assurer le rassemblement ; je le... [Lire la suite]
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15 septembre 2014

15 Septembre 1914

15 Septembre 1914 Il continue à pleuvoir. Heureusement, on s’est enfin décidé à nous autoriser à laisser les hommes se reposer dans leurs cantonnements. Ce repos leur est bien dû, d’abord parce qu’ils ont bien trimé et, ensuite, parce qu’il est nécessaire qu’ils puissent réparer et nettoyer leurs effets et leurs armes. Dans nos parages, se trouve cantonné le 339e qu’à l’accent de ses soldats, on reconnaît pour être composé d’enfants de l’Auvergne ; en effet, c’est un régiment d’Aurillac[1]. Les hommes étant coiffés du béret, je... [Lire la suite]
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14 septembre 2014

14 Septembre 1914

14 Septembre 1914 Peu à peu, les bonnes nouvelles finissent par se faire jour et nous savons, maintenant, que nos camarades ont arrêté l’ennemi sur la Marne et, reprenant l’offensive, l’ont forcé à la retraite. Paris n’est plus menacé ; ce n’est donc pas seulement devant nous que les Boches sont en fuite ! La Victoire nous sourirait-t-elle enfin ? Il ne faut pas moins de toute la joie que nous occasionnent ces grands et heureux événements pour chasser la pénible impression que continuent à nous laisser les tristes... [Lire la suite]
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13 septembre 2014

13 Septembre 1914

13 Septembre 1914 Nous n’allons certainement pas rester à Buissoncourt. En attendant les ordres et après m’être vigoureusement lavé à même un grand seau d’eau fraîche, je fais un tour dans le village. Ce dernier n’a pas trop souffert des récents bombardements. Toutefois, sa petite église est bien abîmée. Tous les vitraux sont brisés et, de place en place, la toiture et les murailles montrent des ouvertures béantes produites par la mitraille. Près du chœur, gisent un maréchal des logis d’artillerie et un lignard tués dernièrement et... [Lire la suite]
12 septembre 2014

12 Septembre 1914

12 Septembre 1914 Il pleut à torrents ; nous sommes trempés jusqu’aux os et crottés jusqu’au ventre. Mais, ô surprise, à part le bruit des gouttes de pluie s’écrasant sur le toit de nos abris, on n’entend plus rien, plus de fusillade, plus de canonnade, c’est le calme plat. Je risque un pied et, ensuite, un œil dehors et je constate avec un étonnement grandissant, que les ballons boches ont disparu. Que signifient ces changements ? Le Capitaine Durand, que je vais trouver, ne peut m’en dire davantage. En tout cas, il... [Lire la suite]
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11 septembre 2014

11 Septembre 1914

11 Septembre 1914 Cette nuit, j’ai donné asile à un brave petit chasseur blessé de deux balles, l’une dans le bras, l’autre dans le côté. Au jour, les brancardiers que j’avais fait prévenir, sont venus l’enlever. Les poches gonflées de chocolat que mes hommes lui ont donné, en partant il m’a appelé pour me remercier et me dire au-revoir. Je lui ai affectueusement serré la main valide, mais j’avais le cœur navré car je crois bien que le pauvre gars n’a pas dû aller bien loin, atteint comme il l’était. Quelle horrible chose que la... [Lire la suite]
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10 septembre 2014

10 Septembre 1914

10 Septembre 1914 Quelle affreuse nuit je viens de passer ! Jusqu’à deux heures du matin, les Boches n’ont pas cessé d’envoyer, toutes les 2 ou 3 minutes, une bordée de 6 marmites. Rien de plus énervant que cet arrosage régulier ; entre chaque salve, on commence à sommeiller pour être aussitôt réveillé en sursaut par les éclatements. Comme si ce n’était pas assez du bruit de la mitraille, un orage formidable s’est déchaîné sur nos têtes, mêlant le feu du ciel à celui des mortels. La pluie s’est mise à tomber avec rage,... [Lire la suite]
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09 septembre 2014

9 Septembre 1914

9 Septembre 1914 Malgré de nombreuses alertes, la nuit s’est passée sans encombre. Aujourd’hui, le bombardement recommence, mais nos ennemis ont la bonne idée d’allonger leur tir, ce qui fait que leurs projectiles tombent à 2 ou 300 mètres en arrière. Par exemple, le père Durand[1] doit être moins tranquille que nous dans son poste de commandement ; à chaque explosion, les arbres de la route sur laquelle il se trouve, volent en éclats comme simples fétus de paille. Les Boches n’en veulent pas seulement aux vivants, ils s’en... [Lire la suite]
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08 septembre 2014

8 Septembre 1914

8 Septembre 1914 Cette nuit, un poste du 269e occupant un petit pont situé à quelques centaines de mètres sur ma gauche, et en avant, a dû être attaqué. Une fusillade s’est subitement faite entendre, suivie du « hurrah » poussé par des voix qui n’ont pas l’accent français. Ensuite, une bizarre et brève sonnerie d’un clairon au son aigu, puis, plus rien. Jusqu’au jour, je me suis tenu sur mes gardes, persuadé que j’allais également être attaqué. Il ne s’est, cependant, rien, produit. A l’aube, j’envoie une patrouille qui me... [Lire la suite]
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