Souvenirs de Campagne - Grande Guerre 14-18

20 mai 2017

Mai 1917

Mai 1917

La vie continue pour nous, toujours aussi calme et aussi terne. Elle est plus mouvementée, par exemple, pour nos pauvres camarades de l’avant et ces deux derniers mois, nous avons anxieusement suivi, le Commandant Doussaud et moi, sur les cartes dont j’ai tapissé deux panneaux de son bureau, les progrès de l’offensive qui s’est déclenchée le 16 avril et s’est poursuivie pendant les premiers jours de ce mois-ci. Hélas ! cette offensive semble terminée à l’heure qu’il est et nous n’avons pas encore réussi à faire la percée tant désirée ! Combien de milliers et de milliers de jeunes hommes et d’hommes jeunes ont encore sombré dans la tourmente et combien en tombera-t-il encore, surtout après les douloureux et désastreux événements de Russie ! L’abandon de nos alliés de la première heure va indiscutablement avoir une répercussion considérable sur la durée de cet affolant carnage…

1917 05 le café de la paix sur les boulevards le Café de la Paix sur les boulevards

Un de ces derniers soirs, en faisant un tour de promenade sur les Boulevards, avant de rentrer à la maison, mes yeux se sont croisés avec ceux d’un colonel qui s’installait à la terrasse du Café de la Paix et, en même temps que lui me remettait, sans se souvenir immédiatement de l’endroit où il m’avait vu, je reconnaissais en lui le commandant Biesse[1], le premier chef du 5e Bataillon du 226e, que nous avions conservé si peu de temps au début de la campagne et dont j’ai parlé plus haut. Je me suis avancé et, alors il m’a tout à fait remis, se souvenant même de mon nom quoiqu’en l’écorchant un peu ; il m’a aussitôt invité à prendre place à sa table, ce que j’ai accepté avec plaisir car j’étais très heureux de le revoir. Je l’ai félicité de son avancement rapide et il m’a appris qu’il dirigeait en ce moment le 1er Bureau du G.Q.G.[2] après avoir commandé pendant quelques mois le 153e. Nous avons ensuite évoqué les camarades communs du 226e, disparus depuis si longtemps déjà et c’est par lui que j’ai su que le Grand Quartier Général avait quitté Chantilly pour s’installer à Compiègne après être resté quelques semaines à Beauvais. Il s’est informé avec beaucoup d’intérêt de ma blessure et m’a dit que, si j’avais besoin de quelque chose, si je désirais une affectation dans un service quelconque aux Armées, de ne pas craindre de m’adresser à lui. Je lui ai alors observé que, ne m’ayant eu, en somme, que quelques jours sous ses ordres, il me connaissait à peine. « Cela ne fait rien, m’a-t-il répliqué, je n’oublie jamais mes officiers, et particulièrement ceux sur lesquels je sais qu’on peut compter ; aussi, n’hésitez pas à m’écrire, si je peux vous être utile. » Comme je lui disais combien était insipide le service auquel j’étais affecté à Paris et à quel point je me trouvais inutile alors que je croyais pouvoir rendre encore des services ailleurs, il m’a énuméré un certain nombre d’emplois dans lesquels je pourrais être utilisé aux Armées. Je l’ai, c’est inutile de le dire, chaleureusement remercié de son amicale, et je dirais même, affectueuse obligeance et je me propose fermement de lui écrire un de ces jours pour lui exposer mes désidérata[3] et lui demander de me faire caser quelque part où l’on respirera un air un peu plus pur que celui de l’arrière !

Camille Biesse

Le printemps 1917 sur les Boulevards (Illustration du 26 mai 1917, dessin de José SIMONT (1875-1968), coll. pers.)

1917 04 le lilas J    1917 04 Illustr 26 mai 1917 lilas



[1] Sur le commandant Biesse, voir les journées des 4, 5, 7 et 8 août 1914. (NDLR)

[2] G.Q.G. : Grand Quartier Général, structure assurant le commandement de l’ensemble du corps de bataille français, d’août 1914 jusqu’à 1919. (NDLR)

[3] Orthographié sans s par le Capitaine car mot latin pluriel ; la réforme de l’orthographe autorise à présent désidératas. (NDLR)

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25 mars 2017

Mars 1917

Mars 1917

Pauvre secteur, il n’a réellement pas de chance! Que nous sommes donc loin de la méthode qu’avait voulu instaurer le commandant Badel et qui avait soulevé tant de protestations ! Ce dernier ne parlait que de prison et de cellule, le commandant Doussaud[1], lui, ne veut pas en entendre parler et sa manière de commander est vraiment particulière : il commande en ne commandant pas ! Et il a une façon tout à fait à lui de mâter les fortes têtes. Il y a quelques jours, le chef d’une section avait puni de prison, pour une faute grave, un mauvais soldat. Le commandant a fait aussitôt appeler le délinquant, une espèce d’apache sortant de je ne sais quel bas fond, l’a emmené dans un couloir et là, après avoir retiré sa veste, il lui a dit : « Maintenant, à nous deux ! Comment, tu te permets de faire telle chose ? Tu vois, je n’ai plus de galons, tape si tu l’oses ! » et, en même temps,, il lui allonge une bourrade et le colle contre le mur. L’autre, par un restant de discipline, n’a pas osé répondre, mais l’aurait-il fait que le commandant n’aurait eu que ce qu’il méritait. Le type, après cette algarade, est parti avec sa punition levée et tout prêt, pour le même prix, à retomber dans le même péché à la première occasion… Cette nouvelle méthode de commandement est vraiment abracadabrante  et elle n’a pas tardé à porter ses fruits car l’indiscipline et l’anarchie règnent en maîtresses dans le secteur. Sera-t-il dit que l’on ne trouvera pas, pour mettre à la tête de ce malheureux service, un homme pondéré, au jugement sain, qui saura conserver un juste milieu entre la trop grande sévérité de l’un et le laisser-aller et le je-m’en-fichisme de l’autre ?

Avec cela, depuis l’arrivée du nouveau chef, fleurissent à plaisir les mœurs parlementaires de piston et de faveur. Le courrier quotidien ne contient que lettres recommandant tel ou tel individu et, remarque curieuse, ce sont surtout les auxiliaires, qui composent en partie l’effectif du secteur, qui sont l’objet de ces interventions. Les vieux pépères R.A .T.[2] ont été soldats, eux, et ne songent pas à solliciter quoi que ce soit ; seuls les demi-soldats, les moitiés ratés, de l’auxiliaire, ont toujours quelque chose à demander, une permission exceptionnelle, une mutation pour convenance personnelle, une affectation à un poste à proximité de Paris, etc.

Ce service de garde des voies et communications est-il, d’ailleurs, bien utile ? Peut-être a-t-il eu sa raison d’être pendant les premières semaines de la guerre, mais, maintenant, … Les forces policières ne doivent-elles pas suffire à assurer cette surveillance à laquelle sont employés des milliers d’hommes qui pourraient certainement être occupés plus profitablement ailleurs, soit aux Armées, soit chez eux.

Pas un mauvais homme que le commandant Doussaud. Mais combien fumiste ! Ah, qu’on voit bien qu’il a passé par le Palais-Bourbon et qu’il a, ma foi, grande envie d’y retourner !

Il ne s’intéresse en aucune façon aux choses du service dont il est le chef, ne cherche pas à connaître et, par cela même, à apprécier ses subordonnés, ses gradés. Au point de vue militaire, d’ailleurs, d’une nullité notoire ; toutefois, quoiqu’étant incapable, en raison de son insuffisance et de son peu de désir de s’instruire, de prendre lui-même une décision raisonnée et devant s’en rapporter complètement à ses sous-ordres, il ne lui viendrait jamais à l’esprit, en cas d’accroc, de couvrir ceux-ci et il n’hésiterait pas, au besoin, à les sacrifier tous en bloc pour lâcher du lest, s’il avait la certitude de ne pas être personnellement inquiété. Avec cela, plein de confiance en lui et s’estimant capable d’assumer toutes les responsabilités, même pour les choses qui lui sont tout-à-fait étrangères. Ainsi, il y a quelque temps, il était appelé auprès du Général commandant le Département de la Seine pour discuter et justifier un certain nombre de propositions pour l’avancement (dans le secteur, les promotions, depuis la 1ère classe jusqu’au grade d’adjudant inclus, sont faites par le Général commandant le Département de la Seine). Sans connaître un seul des candidats proposés, sans être aucunement au courant des besoins du secteur, il allait allègrement se rendre seul à l’invitation quand je lui ai suggéré qu’il ne serait peut-être pas inutile que je l’accompagne. Il a accepté, mais j’ai très bien senti qu’il se serait volontiers passé de mes services. Bien m’en a pris du reste, car le commandant Dumolin, le chef d’Etat-Major du Général, s’est montré satisfait de ma présence qui lui a permis de discuter les propositions en suspens avec quelqu’un possédant la question à fond. Il savait très bien d’ailleurs, que j’étais le seul de ses deux visiteurs, susceptible de pouvoir prendre part au débat en connaissance de cause, puisque j’avais moi-même élaboré ce fameux état d’avancement… Pendant que nous travaillions, le commandant Dumolin et moi, le commandant Doussaud, assis dans un fauteuil, tirait d’énormes bouffées de fumée de son cigare, se contentant de prendre de temps en temps part à la conversation en lançant une réflexion saugrenue et ne se rapportant que de très loin au sujet que nous traitions. Il en est à peu près de tout ainsi…

Depuis quelques jours, notre service a déménagé. Nous avons abandonné la Gare de l’Est pour nous installer rue d’Alsace, dans un immeuble appartenant à la Compagnie des Chemins de fer de l’Est.

Ce transfert avait été demandé par le Colonel Welter qui estimait insuffisants les locaux que nous occupions dans la gare. Après de nombreuses tergiversations, rapports sur rapports, l’autorisation de nous transporter rue d’Alsace est enfin arrivée et, maintenant, c’est chose faite.

Pour des raisons que je n’ai pas pu très clairement définir, le commandant a profité de ce changement pour s’adjuger un bureau à lui seul (je me demande pourquoi, par exemple, puisqu’il n’est jamais là !) et m’a relégué à celui de l’habillement, ce qui m’est du reste très indifférent car j’ai bien l’intention de ne pas moisir ici et de saisir la première occasion qui me sera offerte de décamper ailleurs. Je soupçonne fort mon excellent (?) camarade le Trésorier, d’avoir intrigué et agi en sous-main pour me supplanter auprès de notre chef ; mon opinion est faite à ce sujet et je sais à peu près à quoi m’en tenir sur les motifs qui font que le commandant, qui, cependant, affecte de ne jurer que par les combattants et de réprouver hautement ceux qui, tranquillement, sont restés à l’abri, semble se prêter aux manœuvres rien moins que nobles de mon bien peu sympathique collègue…

C’est extraordinaire le nombre considérable de visites féminines que reçoit notre chef ! Mais, fait tout-à-fait curieux, quoiqu’il soit marié, nous n’avons pas encore vu sa femme venir le voir… Il me fait le très grand honneur, lorsque le hasard me fait assister à une de ces visites, de me présenter, non comme son adjoint ou son collaborateur, mais comme son ami ! J’en suis vivement flatté, mais ne puis m’empêcher de me dire, en mon for intérieur, que le secteur a bigrement changé depuis le départ du Colonel Welter !

J’ai omis de signaler une petite particularité que j’avais remarquée lors de mon arrivée au secteur et qui m’a bien fait rire. En m’installant dans mon bureau, à la place du Lieutenant Carrangeot[3], j’aperçois, pendu au mur et à portée de ma main, un instrument bizarre que, après examen, j’ai reconnu pour être un masque à gaz ; m’étant informé auprès des secrétaires, j’ai alors appris qu’il s’agissait là d’une précaution prise par mon prédécesseur dans le cas où des Zeppelins ou des avions boches laisseraient tomber des bombes à gaz asphyxiants ! C’est une chose à laquelle je n’aurais jamais pensé et ce brave Carrangeot était un type vraiment prévoyant…

1917 03 03 3861 chevaux & masques à gaz Masques à gaz pour hommes et chevaux (Illustration 3861, coll. pers.)

1917 03 Masques à gaz Ill 3771 du 12 juin 1915 Masques à gaz (Illustration 3771, coll. pers.)

1917 03 masque à gaz Masque à gaz (https://fr.pinterest.com/pin/360710251379966206/)



[1] Cf la note du 10 février 1917 relative au commandant Marc Doussaud. NDLR

[2] R.A.T. : Réserve de l’Armée Territoriale NDLR

[3]  Lieutenant Carrangeot : voir le 27 juin 1916 NDLR

10 février 2017

10 Février 1917

10 Février 1917

Le Capitaine L.[1], dont j’ai eu l’occasion de parler ces temps derniers, vient de recevoir la juste récompense de ses bons et loyaux services…

Il est, en effet, renvoyé dans ses pénates, où il pourra se livrer tout entier à sa chère peinture, car j’ai oublié de signaler que c’est, à ce qu’on dit, un peintre distingué. Ses petites espérances auront été déçues ; il n’aura, ni reçu une quatrième ficelle[2], ni obtenu d’être maintenu comme indispensable et le ruban de sa croix, qui lui a été remise avant la Guerre, ne sera pas agrémenté de la rosette tant désirée… Pauvre homme !

Le moment est peut-être venu de parler de quelques-uns de mes camarades du secteur.

Celui, à coup sûr, auquel je porte le plus d’intérêt est le sous-lieutenant Riegger qui, depuis le départ du Capitaine L., dont il n’était jusqu’ici que l’adjoint, commande la Section T de Villeneuve-Saint-Georges. Riegger, blessé à peu près à la même époque que moi, est amputé du bras gauche ; il est le seul officier du secteur, en dehors de moi, qui soit un ancien combattant.

Ce pauvre garçon, qui n’est sous-lieutenant qu’à titre temporaire, ne peut arriver, sous prétexte qu’il est désormais inapte à faire campagne, à se faire titulariser dans son grade, ce qui lui permettrait d’obtenir automatiquement son deuxième galon. Aussi, je me propose de profiter de ma présence auprès du commandant du secteur pour veiller à ce que les demandes qu’il adresse aux autorités supérieures pour attirer l’attention sur son cas, soient appuyées de la façon la plus chaleureuse.

Le Lieutenant Dorléans également me témoigne beaucoup de sympathie. Ce n’est pas un ancien combattant celui-là et les fonctions qu’il a remplies autrefois ne l’ont guère préparé à commander une section du G.V.C.[3] ; il a été pendant très longtemps, en effet, le maître d’armes de l’Ecole de Guerre. Il a toujours un air solennel, ce que j’attribue au quart de siècle qu’il a passé dans les salles d’armes (Honneur aux Dames – A vous par obéissance – etc.). Nous sommes fort bons camarades ; par exemple, il y a peu d’officiers dans le secteur qui puissent le sentir, je ne sais pas pourquoi, d’ailleurs ; ses hommes également ne l’aiment guère car il est très dur dans son commandement et a la main lourde.

Pour mémoire je cite en passant –non pas à cause du penchant que j’éprouve pour lui, car je n’en éprouve aucun- le lieutenant-trésorier Martinon, qui n’est aimé, je crois bien, que par lui-même. C’est un ancien adjudant de cavalerie qui arbore des tenues de hussard dernier cri et des bottes d’aviateur se laçant jusqu’au genou. Il n’est plus jeune par exemple : 56 ans ! et l’heure de la retraite pourrait bien sonner pour lui un de ces jours. Oh, qu’il en serait vexé ! Il a la médaille militaire –gagnée à l’ancienneté- et est chevalier du Nicham Iftikar[4], décoration dont le ruban est vert liseré de rouge, ce qui fait qu’il ne porte jamais ses décorations, mais simplement deux très minces rubans, donnant ainsi, aux profanes, l’illusion qu’il est détenteur de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre gagnées au front, alors qu’il n’a jamais dépassé Villeneuve-Saint-Georges. Envieux et jaloux, comme tous les médiocres, il enrage de n’être pas encore décoré malgré ses très nombreuses annuités.

Ces quelques portraits esquissés à grands traits me remémorent une facétie dont le Colonel Welter a été l’auteur, peu de temps avant son départ. Vers l’automne de l’année dernière, on a demandé dans les différents corps et services du G.M.P[5], de désigner un certain nombre d’officiers, du grade de Lieutenant ou de Sous-lieutenant, susceptibles de pouvoir suivre avec fruit les cours du Centre Régional d’Instruction Physique de Joinville ; or le Colonel Welter qui, sous son aspect grognon et désagréable, cachait certainement un ironiste, n’a rien trouvé de mieux que de désigner les deux lieutenants les plus âgés du secteur : Monsieur Azéma, 71 ans, ancien combattant  de 1870 et que sa décrépitude physique avait réduit à l’état de véritable ruine ; le second, le lieutenant Petiteau, peut-être un peu moins invalide, avait, cependant, 64 ans ! Inutile de dire que les deux candidats n’ont pas eu besoin de se présenter deux fois à l’Ecole de Gymnastique, une a largement suffi et, aussitôt, on les a très vivement remerciés de leur bonne volonté qui ne trouverait pas son emploi dans ce lieu. Peu de temps après, ces deux Messieurs ont fait partie de la charrette qui, en reconduisant le Colonel chez lui, les a, par la même occasion, délicatement déposés chez eux.

 

Julien Le Blant Le restaurant cour de la gare 1917

Ci-dessus: Le restaurant - cour de la gare de l'Est, par Julien Le Blant (1917)

http://www.dessins1418.fr/wordpress/les-croquis/la-gare-l-est-par-julien-le-blant/

Dans mes recherches pour découvrir qui se cache derrière le Capitaine L., je me suis attaché à la figure du peintre Julien Le Blant (1851-1936). Il ne s’agit pas du Capitaine L., mais Lucien Proutaux aurait pu le rencontrer également dans les environs de la gare de l’Est, où étaient implantés les services des G.V.C.

Le peintre Julien Le Blant a 63 ans lors de la déclaration de guerre. C’est à Paris dans le quartier de la gare de l’Est en pleine effervescence qu’il dessine de quelques coups de crayons ces poilus discutant, jouant, marchandant et faisant la queue à la cantine installée dans les locaux de la gare. . Cet artiste, reconnu comme peintre spécialiste des guerres de Vendée dans les années 1880, a réalisé plus de 500 dessins, gravures et aquarelles de poilus ignorés à ce jour. Il nous laisse une œuvre humaniste où l'on rencontre les soldats en permission dans toute leur réalité, éloignée des images de propagande. Ces poilus épuisés physiquement et moralement , errant aux alentours de la Gare de l'Est, Julien Le Blant les a rencontrés, observés avant de les croquer. Très souvent il a noté leur nom, leur provenance et leur métier. Rares sont les artistes qui ont essayé de montrer que la guerre ne couchait pas des pièces numérotées sur un jeu d'échecs, mais des êtres humains. C'est sans doute pour cette raison que son œuvre a passé inaperçu à cette époque et qu'un siècle après il est urgent de la redécouvrir.

(in http://www.leblant.com/index.php?option=com_content&view=article&id=2&Itemid=8 )

ci-dessous: les Territoriaux, par Julien Le Blant, 1917, gare d'l'Est

 

Julien Le Blant Les territoriaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.dessins1418.fr/wordpress/les-croquis/la-gare-l-est-par-julien-le-blant/)

[1] j'ai une hypothèse concernant l'identité de ce fameux Capitaine L., mais il me reste à trouver la preuve tangible de celle-ci, à savoir, un officier, artiste-peintre de profession, né en 1853 et mis définitivement à la retraite (militaire) en 1917, dont l'initiale est L (NDLR).

[2] Argot militaire, pour galon (NDLR)

[3] G.V.C. : Garde des Voies de Communication (NDLR)

[4] En réalité orthographié Nichan Iftikhar, du turc İftihar Nişanı (Ordre de la Fierté), c’est un ancien ordre honorifique tunisien souhaité entre 1835 et 1837 par Moustapha Bey et réellement formalisé par Ahmed Ier Bey, alors bey de Tunis. Ce premier ordre tunisien de par sa date de création, est attribué pour récompenser des services civils et militaires aussi bien aux ressortissants tunisiens qu'étrangers. Il est décerné jusqu'à l'abolition de la monarchie husseinite le 25 juillet 1957. In Wikipédia (NDLR)

[5] G.M.P. : Gouvernement Militaire de Paris (NDLR)

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08 février 2017

10 Février 1917

10 Février 1917

Le Capitaine L., dont j’ai eu l’occasion de parler ces temps derniers, vient de recevoir la juste récompense de ses bons et loyaux services…

Il est, en effet, renvoyé dans ses pénates, où il pourra se livrer tout entier à sa chère peinture, car j’ai oublié de signaler que c’est, à ce qu’on dit, un peintre distingué. Ses petites espérances auront été déçues ; il n’aura, ni reçu une quatrième ficelle[1], ni obten

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05 février 2017

5 Février 1917

5 Février 1917

Au cours de ma permission, qui vient de se terminer, j’ai appris par un de nos adjudants-secrétaires, rencontré dans une promenade, que, ainsi que je l’avais prévu, le Secteur possède un nouveau chef et j’ai fait la connaissance de ce dernier en rentrant il y a 2 ou 3 jours. C’est un chef de bataillon de territoriale, le Commandant Doussaud ; il a été député de la Corrèze, qui ne l’a pas réélu aux élections de 1914[1]. Avant la guerre, il a pris une part prépondérante à l’organisation de différents raids hippiques courus exclusivement par des officiers de réserve. Je me souviens très bien de ce fait et l’impression de ma première rencontre avec lui n’est pas trop défavorable. Mais, attendons de le voir à l’œuvre pour nous faire une opinion définitive sur son compte.

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9 mars 1913, raid hippique, arrivée député Doussaud, sous-lieutenant Escudier [les deux concurrents se disputant la première place sur la pelouse de Bagatelle au Bois de Boulogne] : [photographie de presse] / [Agence Rol] (Source Gallica)

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11 au 17 septembre 1912 :  L’aéronautique militaire utilise pour la première fois ses avions en nombre, une soixantaine, dont les cinq premières escadrilles (...)  Le Capitaine Marc Doussaud, député de la Corrèze, y figure en tant que pilote de complément, dans l’escadrille A. (source : http://aeroplanedetouraine.fr/manoeuvres_1912/



[1] Marc Doussaud est un homme politique français, né le 6 juin 1871 et décédé le 8 septembre 1944 à Lubersac (Corrèze). Ingénieur agronome, il exploite ses domaines. Il est député de la Corrèze de 1910 à 1914 et de 1919 à 1924, siégeant au groupe de l'Action républicaine et sociale (Source Wikipédia). Son père, Emile, décédé en 1882, est le fondateur de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze, créée en 1878 et sise à Brive-la-Gaillarde. Marc Doussaud en fut membre de 1912 à sa mort. (NDLR)

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25 janvier 2017

25 Janvier 1917

25 Janvier 1917

Depuis une dizaine de jours, le Capitaine L. assure le commandement du Secteur et je crois inutile de dire que toutes les petites innovations du Commandant Badel ont été plantées là ! Plus d’astiquages, plus de boutons flamme en l’air et, bien vite, j'ai du donner l'ordre de suspendre la fabrication des maudites grenades rouges!

Le Capitaine L. se montre charmant pour moi et je  crois bien qu’il a le secret espoir de voir ses fonctions provisoires devenir définitives et qu’il pourra ainsi éviter d’avoir l’oreille fendue[1]… Ce en quoi je pense qu’il s’illusionne.

C’est pendant son intérim que l’insigne des blessés de guerre, récemment créé par le Ministre de la Guerre, a été distribué. Et, chose curieuse, il s’est trouvé dans le Secteur un nombre de postulants à cet insigne que l’on n’aurait jamais soupçonné étant donné que bien peu des gens qui le composent ont vu le feu ! Il paraît, cependant, que cet insigne peut être accordé, en dehors des vrais blessés de guerre, aux militaires retraités, mis hors cadres, versés dans l’auxiliaire, ou réformés, pour maladie contractée ou aggravée au service, au cours des hostilités. Or, la plupart de nos S.X.[2] n’ont évité d’aller au front qu’à force de passer devant des commissions de réforme qui les ont versés ou maintenus dans l’auxiliaire ; et, à ce qu’on dit, cette catégorie d’individus a droit au port de ce ruban… Moi, je veux bien ; s’il leur plaît de porter cette simili-décoration, je n’y vois aucun inconvénient, quoique trouvant tout de même un peu scandaleux que rien ne les différencie de ceux qui réellement ont été se faire casser la figure… Enfin, ne sont-ce pas les embusqués[3] et les non-combattants qui gouvernent l’arrière ?

1917 01 25 Charles Ridel Les embusqués Charles Ridel - Les Embusqués

1917 01 25 embusqués Caricature parue dans L'Illustration - année 1917

En attendant, je pars ce soir en permission pour quelques jours et n’en suis pas fâché car j’ai besoin de me changer un peu les idées. Je dois dire que, contrairement au Colonel Welter qui m’avait presque envoyé promener lorsque je lui avais demandé ma dernière permission, le Capitaine L. m’a accordé celle-ci, à laquelle j’ai, d’ailleurs, on ne peut plus droit, avec le sourire.

Peut-être à mon retour trouverai-je un nouveau chef…



[1] avoir l'oreille fendue: se dit d'un fonctionnaire mis en demeure de prendre sa retraite

[2] S.X pour soldats auxiliaires.

[3] Les embusqués : Terme désignant les hommes échappant indûment au combat. Le terme est relatif à la position de celui qui l’emploie : pour un combattant, un militaire affecté à l’arrière, à la surveillance des trains ou aux bureaux peut être un embusqué ; les civils peuvent également employer le terme. Les embusqués sont soupçonnés d’avoir obtenu leur position privilégiée à travers de l’argent et/ou des relations. Le terme est fréquemment employé de manière ambiguë, les embusqués étant à la fois fortement stigmatisés et (parfois de manière inavouée) enviés pour la sécurité dont ils bénéficient. Plus près des lignes, même, les combattants ont critiqué les « embusqués du front ». Par extension est employé le verbe « embusquer ». http://www.crid1418.org/bibliographie/commentaires/ridel_saintfuscien.htm

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15 janvier 2017

15 Janvier 1917

15 Janvier 1917

Les intrigues, que j’ai signalées ces temps derniers, ont porté leurs fruits et abouti à ce que je prévoyais : le Commandant Badel s’est vu retirer le commandement de secteur et renvoyer au dépôt de son régiment…

Les choses étant arrivées à l’état tout à fait aigu, le Général Parot qui commande le Département de la Seine et sous les ordres directs duquel se trouve placé la Secteur, a procédé à une enquête personnelle et nous l’avons vu arriver un soir de la semaine dernière, accompagné d’un des officiers de son état-major. Il a eu un entretien d’environ 3/4 d’heure avec le Commandant et, après son départ, lorsque je réintégrais le bureau, mon chef m’a accueilli par ces mots : « E finita la Commedia ! » Aussitôt, ordre était donné au plus ancien capitaine de venir prendre provisoirement le commandement du Secteur et l’on sait que le plus ancien capitaine du Secteur est toujours le fameux capitaine L…

1917 01 13 Ill ce n'est pas parce qu'on est à Paris qu'on ne doit pas être élégant... (dans L'Illustration n°3854 du 13 janvier 1917)

Après lui avoir transmis une consigne sommaire, consigne consistant principalement et presque uniquement à compter la caisse, dont j’étais le détenteur momentané, le Commandant Badel a cru devoir adresser un petit laïus à ses sous-ordres directs en leur disant à la suite de quelles menées il devait partir et en leur donnant communication des différentes citations dont il avait été l’objet au front. Puis il a pris congé de tous, m’a serré très affectueusement la main et est parti en écrasant le capitaine L. de son mépris. Scène plutôt pénible, en définitive.

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01 janvier 2017

1er Janvier 1917

1er Janvier 1917

Aujourd'hui Jour de l'An - le 3e depuis le début de la Guerre - tous les officiers de secteur sont réunis pour présenter leurs vœux au Commandant et celui qui se charge d'être le porte-parole de tous ses camarades, n'est autre que le capitaine L..., celui-là même qui s'est mis à la tête de la cabale dirigée contre notre chef... Cette manière de faire, que je ne trouve pas très honorable, frise de bien près la trahison.

01 01 Calendrier 1917Calendrier de l'année 1917, annoté

Il est probable, d’ailleurs, que le capitaine en question recevra avant longtemps la récompense qu’il mérite, car une nouvelle circulaire du Ministre prescrit d’une façon encore plus pressante le renvoi des très vieux officiers et il se trouve tout à fait visé en l’occurrence avec ses 64 ans passés, mais ce n’est pas sans larmes et sans récriminations qu’il partira et, dans le fond de son coeur, il espère bien qu'il sera fait une exception en sa faveur et qu'on se décidera à le déclarer "indispensable", afin de lui conserver son bon petit fromage, jusqu'à la fin des hostilités...

DANTOINE La Guerre La mémoire de 14-18 en Languedoc n° 11 fédération Audoise des Oeuvres Laïques CARCASSONNELes planqués de l'Administration et leur mépris

Le Commandant se douterait-il de quelque chose? il a reçu son « compliment » assez froidement et n’y a autant dire pas répondu. Lorsque tous les officiers des sections ont été partis, il m’a dit : « S’ils comptent sur moi pour leur faire des discours, ils se trompent » et m’a amené prendre … l’apéritif.

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22 décembre 2016

22 Décembre 1916

22 Décembre 1916

Mes craintes n’étaient malheureusement que trop fondées quand j’augurais mal des intentions du Commandant en ce qui concerne le commandement du secteur. Notre nouveau chef veut traiter son service comme il le ferait d’un régiment actif et je crois bien qu’il fait fausse route. Des murmures commencent à se faire entendre… Il est vrai que ces murmures sont peut-être quelque peu justifiés. Ainsi, le commandant Badel ne s’est-il pas imaginé d’exiger que tous les hommes aient les boutons de leurs vêtements cousus la flamme en l’air… Il veut également que le cuir de leurs équipements qui n’ont pas été astiqués depuis plus de deux ans, soient passés à la cire et brillent comme les miens lorsque, jeune soldat, je défilais la parade pour prendre la garde ! Il m’a fallu me pourvoir sans retard, de ce précieux ingrédient pour en distribuer à toutes les sections. Il s’est aperçu aussi que les G.V.C.[1] portaient des numéros différents, ou pas de numéro du tout, au collet de leur capote ou veste ; daredare, il a décrété que tous devraient porter des grenades rouges et, bien entendu, je suis là pour écoper d’une nouvelle corvée. En effet, l’Intendance s’est déclarée incapable de me fournir cet attribut ; tout au plus ai-je pu me procurer quelques matrices avec lesquelles on découpe des grenades dans du drap rouge. Ce qui fait que, depuis huit jours, au Bastion, une équipe de 4 hommes est uniquement occupée, du matin au soir, à frapper à tour de bras sur les matrices en question, pour découper les 25 ou 30000 grenades qui me sont nécessaires pour pourvoir à tout le secteur.

 

                                12 22 bouton la flamme en l'air                                                 12 22 grenade rouge

"exiger que tous les hommes aient les boutons de leurs vêtements cousus la flamme en l'air"      "tous devraient porter des grenades rouges"                                              

En dehors de cela, dans ses inspections des différents postes, le Commandant a eu, à l’égard des hommes, desquels il veut obtenir une correction et une attitude de jeunes soldats, des écarts de langage regrettables et le pire, c’est que les officiers eux-mêmes, commencent à se montrer indisposés de ces exigences qui bouleversent leurs petites habitudes et ils sont les premiers, maintenant, à faire preuve d’indiscipline.

Le mouvement a, à sa tête, le plus ancien capitaine du Secteur, un certain capitaine L…, personnage assez prétentieux, très infatué de lui, mais plutôt nul, je crois, au point de vue militaire, ce qui n’est sûrement pas son avis, j’en suis persuadé.

Les hostilités, qui ne se font encore sentir que d’une façon sourde et indirecte, sont maintenant, virtuellement commencées et se manifestent, pour le moment, par des entrefilets fielleux qui trouvent asile dans les colonnes de certains journaux. Ainsi, « L’Œuvre » a rapporté l’affaire des boutons aux grenades en l’air en posant la question : « Est-il exact que le commandant du Secteur A du Service de G.V.C., exige que … ? » Une autre feuille du même acabit a reproduit des propos orduriers que le commandant avait tenus à quelques hommes dans un poste de je ne sais plus quelle section, lors d’une de ses inspections.

Tout cela finira certainement mal avant longtemps.



[1] G.V.C. : Garde des Voies de Communication (NDLR)

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05 décembre 2016

5 Décembre 1916

5 Décembre 1916

C’est fait, le Colonel Welter nous a quittés depuis le 30 Novembre[1]. Avant de partir, il a adressé aux G.V.C.[2] du Secteur, par la voix de la Décision Journalière, un ordre du jour rédigé en termes assez émouvants, ma foi, et dans lequel il leur exprimait son regret de se séparer d’eux alors qu’il espérait qu’on le maintiendrait à leur tête jusqu’à la fin de la Guerre.

Son successeur est un chef de Bataillon –de l’active- du 233e, d’Arras, atteint de multiples blessures et, particulièrement, d’une au bras droit, qui lui enlève à peu près totalement l’usage de ce membre. Haut en couleurs, grand et fort, c’est un assez beau soldat ; il est titulaire de nombreuses et élogieuses citations, paraît-il.

J’ai pris, auprès de lui, mes fonctions d’adjoint car ceux de son prédécesseur sont partis en même temps que ce dernier, l’un chez lui, l’autre, à sa section de Stains. J’ai donc changé de bureau et fais, maintenant, vis-à-vis au Commandant Badel[3] qui, d’ailleurs, est souvent absent, alors que, au contraire, il semble croire que moi, je ne doive jamais m’absenter. En effet, il vient quelquefois le matin, faire une courte apparition, et on ne le voit plus que le soir vers 5 ou 6 heures et alors, il ne se décide plus à partir, ce qui me fait rentrer chez moi à des heures insolites.

Je ne sais si je m’abuse, mais cet excellent commandant me paraît tout à fait disposé à changer totalement les méthodes de commandement auxquelles étaient habitués nos braves G.V.C. et cela pourrait bien nous occasionner des ennuis car il ne faut pas oublier que les G.V.C. sont, ou de vieux pépères R.I.T.[4] ou des S.X. (soldats auxiliaires) n’ayant, pour la plupart, jamais fait de service actif et, avec des soldats de cette trempe, il faut une discipline tout de même un peu plus paternelle et moins rigoureuse qu’avec de jeunes blancs-becs de l’active. Enfin, ne soyons pas pessimiste et espérons que tout s’arrangera.

C’est encore un type un peu extraordinaire que le commandant et qui a eu, lui aussi, son heure de célébrité. En effet, c’est lui qui a été, quelques années avant la Guerre, le héros d’une aventure qui a fait quelque bruit dans les journaux et dont je me souviens très bien.

Il était alors Capitaine et en garnison à Douai, avec le Bataillon du 33e détaché dans cette ville, et son fils y suivait les cours du Collège. Un jour, un professeur mécontent de son élève, ne trouve rien de mieux que de l’affubler d’un bonnet d’âne et de dessiner à la craie sue ses vêtements, des épaulettes à trois galons de capitaine, le tout agrémenté de l’épithète « ordibus ».

On juge de la colère du père en apprenant l’incident ; sans perdre une minute, il va attendre le professeur en question à la porte du collège et, ne lui donnant pas le temps de s’expliquer, il lui inflige une correction à le laisser sur le carreau.

1907 07 26 L'Express du Midi & fait divers

1907 07 27 Est Républicain & fait divers

1907 08 03 Le Courrier du Finistère & fait divers

L’affaire fit grand scandale dans la région et fut portée devant les tribunaux qui, loin de condamner le Capitaine Badel, estimèrent qu’il ne pouvait être inquiété, son geste étant, en somme, légitime et résultant d’une provocation particulièrement odieuse.

Sollicité par les partis d’opposition, le Capitaine Badel avait été, à cette époque, sur le point de quitter l’armée pour se présenter à la députation, ce à quoi il avait, en définitive, renoncé.

C’est lui-même qui m’a raconté cette histoire, car je dois dire qu’il aime un peu faire sa propre apologie. Il est vrai que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même.



[1] Voici les conditions de mise à la retraite du Lieutenant-colonel WELTER (Eugène-Marie-Christian), du 31° Régiment d'infanterie. – Jouissance  du 7 décembre 1916. 4,637 Frs. Sauf déduction des sommes perçues depuis le 7 décembre 1916 sur la pension de 4,350 Frs, concédée par décret du 25 septembre 1907 et que la présente annule. (in http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6336798r/texteBrut ) (NDLR)

[2] G.V.C. : Garde des Voies de Communication (NDLR)

[3] A travers des recoupements, voici sans doute la trace de ce commandant Badel : le 233e régiment d'Infanterie est un régiment d'infanterie constitué en 1914. Il est issu du 33e Régiment d'Infanterie : à la mobilisation, chaque régiment d'active créé un régiment de réserve dont le numéro est le sien plus 200. (Wikipédia)

La situation du 33ème R.I au début 1915 -Organisation du Régiment : Le Chef de Corps au 1er Août 1914 est le Lieutenant-Colonel Jean-Paul Stirn. Il a pour commandant en second le Lieutenant-colonel Grandjean. Le capitaine Badel est son capitaine-adjudant-major (Officier Adjoint). (in http://www.33ri-guerre-14-18.fr/operations-annee-1915/ ) (NDLR)

[4] R.I.T. Régiment d’Infanterie Territorial : pendant la Grande Guerre, le régiment d’infanterie territorial, ou RIT, était une formation militaire composée des hommes âgés de 34 à 49 ans, considérés comme trop âgés et plus assez entraînés pour intégrer un régiment de première ligne d’active ou de réserve. (NDLR)

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