Souvenirs de Campagne - Grande Guerre 14-18

01 mars 2019

1er Mars 1919

1er Mars 1919

Ce n’est plus à La Morlaye que j’écris ces lignes, mais provisoirement installé chez ma mère[1] où je suis débarqué depuis quelques heures.

Mon départ de la D.G.C.R.A.[2] s’est effectué dans les conditions et suivant l’horaire prévu il y a plusieurs jours.

Hier donc, de grand matin, je suis allé à Creil, en auto, à l’H.O.E.16[3], faire établir mon billet d’évacuation sur le Centre de Réforme de Paris. Ce déplacement n’a pas été bien long, Creil n’étant qu’à 7 ou 8 km de La Morlaye. Je suis ensuite revenu pour me présenter au général Payot et prendre congé de lui ; le général a été charmant et m’a dit qu’il avait été très heureux de pouvoir obtenir que je sois décoré avant mon départ.

Puis, j’ai pris mon dernier déjeuner à la popote, joué un ultime bridge et fait mes adieux à tous les camarades ; une auto m’attendait et, à cet instant, j’ai appris, tout à fait par hasard, de la bouche de Sauvadet -un petit planton que j’estimais particulièrement parce qu’il possédait la croix de guerre et avait été grièvement blessé dans l’infanterie- venu m’accompagner à la voiture en portant mes derniers bagages, la raison qui faisait que nos bois étaient complètement dépeuplés de leurs habitants du début, écureuils, lapins, etc. : c’est que, parmi mon groupe, je possédais, sans le savoir, deux ou trois chasseurs et braconniers impénitents qui avaient mis notre coin de forêt en coupe réglée et en avaient détruit toute la faune, un chevreuil fut même capturé par eux. Après cela, comment s’étonner de ne plus rencontrer un seul animal lorsqu’on se promène dans la forêt.

J’ai donc mis le cap sur la gare de répartition de la Chapelle où, avant moi, était arrivé un ordre prescrivant de me diriger sur le Val-de-Grâce, ce qui m’a fort surpris. Ce matin, je me suis rendu à ce dernier Hôpital, mais, ainsi que je m’y attendais, c’était bien par erreur qu’on m’y avait adressé ; je n’avais rien à y faire puisque mon état ne nécessitait aucun soin. Il va donc me falloir me rendre à la Place pour obtenir mon hospitalisation au centre de réforme.

1919 03 16 La dernière Permission Le Petit Journal, Supplément Illustré, du 16 mars 1919 (Coll. pers.)

 

[1] La mère de Lucien Proutaux est locataire d’un appartement sis au n°7, place de la République, à Paris. NDLR

[2] D.G.C.R.A. : Direction Générale des Communications & Ravitaillements aux Armées NDLR

[3] H.O.E.16 : Hôpital d’Evacuation n°16. NDLR

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25 février 2019

25 Février 1919

25 Février 1919

Mon successeur étant maintenant à peu près au courant du service, qui n’a rien de compliqué, du reste, Grand Dieu ! et n’ayant plus rien à faire ici, je me suis inquiété de mon départ et, pour cela, ai été consulter le chef de la section « Santé » de la D.G.C.R.A.[1], un médecin à 5 galons[2], qu’on dit être un savant et en compagnie duquel j’ai déjeuné, l’autre jour, à la table du Général Payot.

1919 02 25 médecin général Lanne "...un médecin à 5 galons", le docteur Elie Ernest Lanne (in http://museedesetoiles.fr/portfolio_tag/service-de-sante/page/4/ ) 

Il faut dire que, à cause de ma blessure, les choses ne doivent pas se passer pour moi, dans les mêmes conditions que pour tout le monde. Je dois être dirigé sur un centre de Réforme et ne pourrai regagner mes pénates qu’après avoir été examiné par une commission de Réforme, d’où un certain nombre de formalités assez ennuyeuses en perspective. Bien moins compliqué a été le départ de mes camarades des Graviers et Boudry, que j’ai mis en route le 21 et le 23 février, après leur avoir payé leur solde et qui ont tout simplement été se faire démobiliser à Paris. Moi, il faudra que je passe par l’H.O.E.16[3] –toujours cet H.O.E.16 de Creil, dans lequel j’ai souffert si cruellement, au physique et au moral, pendant 15 longs jours en 1914- mais cette fois, j’y séjournerai tout juste un quart d’heure, le temps d’établir ma feuille d’évacuation sur le centre de Réforme de Paris ; tout cela est réglé et notre médecin à 5 galons qui a été on ne peut plus chic pour moi, a téléphoné devant moi à l’Hôpital en question pour lui donner ses instructions à mon sujet. J’en ai référé au colonel Lefort, et, d’accord avec lui, je partirai le28 février ou le 1er mars au plus tard.



[1] D.G.C.R.A. : Direction Générale des Communications & Ravitaillements aux Armées NDLR

[2] Le Dr Lanne a quitté la D.G.C.R.A. quelque temps après mon départ pour être nommé Directeur de l’Ecole du Service de Santé de Lyon. En mars 1927, le Dr Lanne qui, entretemps, avait été promu médecin-inspecteur, vient d’être nommé Médecin-Inspecteur Général (grade correspondant à celui de Général de Division) tout en étant maintenu à la direction de l’Ecole du Service de Santé Militaire de Lyon. Le 29 mars 1932, le Médecin général Lanne, Président du Comité Consultatif de Santé, inspecteur permanent des Ecoles du Service de santé militaire, passe au cadre de réserve. (note de l’auteur)

Il s’agit du docteur Elie Ernest LANNE (1870 – 1938). Il fut nommé Médecin Inspecteur en 1923, puis Médecin Inspecteur Général en 1927. Il était Commandeur de la Légion d’Honneur. NDLR

[3] H.O.E.16 : Hôpital d’Evacuation n°16. Pour cette période, voir à partir de la nuit du 7 au 8 octobre 1914 jusqu’au 23 octobre. NDLR

21 février 2019

21 Février 1919

21 Février 1919

Il pleut à torrent et la tempête fait rage…

Depuis ce matin, je promène mon successeur dans les différents cantonnements de mon groupe et l’introduis et le présente dans tous les endroits où il aura affaire, ce qui ne me sourit pas outre mesure, car il me faut beaucoup parler, donner des explications, etc., et cela sort tellement de mon naturel ! Et puis, quoique heureux au-delà du possible à la perspective de rejoindre ma petite famille et de reprendre bientôt ma calme et tranquille vie d’autrefois, n’est-il pas toujours un peu ennuyeux de passer à un autre la petite parcelle d’autorité dont on était détenteur ?

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20 février 2019

20 Février 1919

20 Février 1919

Enfin, j’ai un successeur désigné et qui est même arrivé depuis ce matin. C’est un brillant chasseur à pied, un peu âgé, par exemple, il doit avoir dans les 45 ans. De l’active, il était adjudant à la mobilisation et n’est lieutenant qu’à titre temporaire[1].

Un Chasseur croquis de Georges Scott 1873-1943 "...C'est un brillant chasseur à pied..." Croquis de Georges Scott (1873-1943) (in L'Illustration n°3969, Coll. pers.)

Joubert[2] lui aussi est remplacé au courrier par un autre officier d’active, un fantassin blessé au bras droit, lieutenant à titre temporaire également. Le colonel Lefort a décidé, en effet, d’avoir son officier d’administration auprès de lui, pour s’occuper exclusivement des questions de personnel, d’avancement et de chancellerie. Ce brave Joubert est donc installé dans une salle de bain attenant au bureau du colonel et sa table de travail est constituée par quelques planches délicatement posées sur la baignoire.



[1] Dans les armées, un militaire peut être nommé à un grade à titre temporaire lorsqu'il est jugé capable de remplir cette fonction par son encadrement, et que les circonstances ne permettent pas de suivre la procédure administrative. Une nomination à titre temporaire peut être référée par l'abréviation ATT. Durant la première guerre mondiale, les pertes importantes d'officiers au front font que de nombreux autres doivent être promus en fonction de leur valeur au feu à un grade supérieur « à titre temporaire et pour la durée de la guerre ». Ils sont confirmés dans leur poste avec effets rétroactifs après parfois plusieurs mois de procédure. (in Wikipedia) NDLR

[2] Joubert est présenté le 27 janvier 1918, il est cité le 30 janvier, le 12 mars, le 20 avril, le 10 octobre  puis en 1919, le 10 janvier et le 19 janvier NDLR

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19 février 2019

19 Février 1919

19 Février 1919

Les journaux du soir nous ont appris qu’un affreux criminel nommé Cottin –un Français !- a tenté de tuer Clémenceau. Il l’a heureusement manqué et la blessure légère qu’a reçue le vieux « tigre » ne met en aucune façon ses jours en danger ; après quelques jours de repos, il n’y paraîtra plus.

Dans L'Illustration du 22 février 1919 (Coll. pers.)

1919 02 19 attentat contre Clémenceau Ill du 22 02 (1)

L'auteur de l'attentat: Emile Cottin, 23 ans, dit Milou, anarchiste, ayant décidé seul de commettre son acte

1919 02 19 attentat contre Clémenceau Ill du 22 02 (2)                       1919 02 19 attentat contre Clémenceau Ill du 22 02 (3)

 

Cottin court derrière l'automobile de M. Clémenceau en tirant avec un browning.

L'arrestation: un maître d'hôtel et une servante d'un hôtel voisin, des passants prêtent main-forte aux agents.

(Croquis de Lucien Jonas d'après les récits des témoins oculaires, recueillis sur place)

Je crois que c’est une chance pour la France que ce forfait ait avorté car on se demande qui aurait pu prendre le gouvernail dans les circonstances actuelles.

J’espère que le misérable, que l’on a arrêté, sera châtié d’une façon exemplaire ; mais je voudrais aussi que soient dévoilés et punis ceux qui, par leurs paroles et leurs écrits, échauffent les têtes faibles comme celle de ce pitoyable avorton[1], et sont responsables de son crime au même titre que s’ils lui avaient réellement armé le bras !

1919 02 19 attentat contre Clémenceau Ill du 22 02 (4)

19 février: Emile Cottin sortant du cabinet de M. Tanguy, chef adjoint des services de la Sûreté, se cache le visage pour ne pas être photographié.

[1] Louis Émile Cottin (Creil, 14 mars 1896 - province de Saragosse, 8 octobre 1936) est un militant anarchiste français auteur d'un attentat contre Georges Clemenceau et mort sur le front d'Aragon pendant la révolution sociale espagnole de 1936. Le 14 mars 1919, Émile Cottin est condamné à la peine capitale par le 3e conseil de guerre de Paris pour sa tentative d’assassinat  sur la personne du Président du Conseil. Celui-ci va demander sa grâce auprès du Président de la République, Raymond Poincaré, et sa peine sera réduite à 10 ans de travaux forcés. Libéré en 1924, toujours fidèle à ses idées révolutionnaires, il s'engage dans la guerre d’Espagne comme mitrailleur au groupe international dans la colonne Durruti et tombe, en octobre 1936, sur le front d'Aragon. NDLR

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18 février 2019

18 Février 1919

18 Février 1919

L’Armistice est de nouveau prolongé avec des conditions de plus en plus draconiennes pour les Boches qui, ainsi qu’il fallait s’y attendre, mettent la plus extrême mauvaise volonté à remplir les obligations que, cependant, ils ont signées.

1919 02 18 Conditions de paix imposées à l'Allemagne Ill n°3979

Couverture du numéro du 22 mai 1919 de l’Illustrierte Zeitung. « Protestation contre la paix de la violence » : Voici deux génies qui s’affrontent, un être de ténèbres, l’œil plein de haine, l’oreille pointue du démon, une chevelure de serpents qui se tordent en sifflant ; il traîne avec lui des chaînes pesantes dont il s’apprête à charger son ennemi, cet homme nu, au profil courageux et triste, qui n’oppose au génie du mal et de l’esclavage d’autre défense qu’une branche fleurie. C’est l’Allemagne dépouillée, en face de toute la violence du monde et qui porte en main toute la symbolique de l’avenir… (in L’Illustration n° 3979, Coll. pers.)

Oh ! que ne les a-t-on muselés une bonne fois au mois de novembre ; l’avenir dira sans doute que l’on a eu tort d’arrêter les hostilités avant que ne soit déclenchée la formidable offensive qu’avait préparée le G.A.E.[1] ; nous les aurions alors complètement tenus à merci. Mais, nous faisons toujours du sentiment comme s’il y avait lieu d’en faire avec les ennemis que nous avions…



[1] G.A.E. : le Groupe d’Armées de l’Est, mis en place et décidé en juin 1915. Le général Dubail en reçoit le commandement lors de sa création. En 1918, c’était le général de Castelnau qui en assurait le commandement. NDLR

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17 février 2019

17 Février 1919

17 Février 1919

Dans « L’Echo de Paris » d’aujourd’hui, on annonce la mort du Dr Bonnet, le propriétaire de la clinique de la rue de la Chaise dans laquelle j’ai passé de si longs mois après ma blessure[1]. Cette nouvelle m’a surpris car je n’avais pas entendu dire que le Docteur fut malade et son âge ne laissait pas prévoir une fin aussi prématurée.

1919 02 17 Echo de Paris "Dans « L’Echo de Paris » d’aujourd’hui, on annonce la mort du Dr Bonnet..." Le Docteur Charles Bonnet obtint son diplôme à Paris en 1903. Il était né en 1872.



[1] Lucien arrive dans la nuit du 23 octobre 1914 à la clinique de Docteur Bonnet, qu’il ne quitte que le 10 août 1915, soit 9 mois et 18 jours d’hospitalisation. Pour revivre cette période, se référer à ces deux dates dans le blog. NDLR

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16 février 2019

16 Février 1919

16 Février 1919

Chaque courrier m’apporte des lettres de félicitations qui, on s’en doute, me sont agréables à recevoir. L’une d’elles, entr’autres, m’a fait particulièrement plaisir ; elle émane de mes patrons et est ainsi conçue :

Cher Monsieur Proutaux

Nous apprenons la haute et glorieuse distinction dont vous venez d’être l’objet et tenons à vous adresser de suite nos très vifs et bien sincères compliments.

Nous vous félicitons d’avoir mérité, par votre vaillante conduite, l’Etoile des Braves et, au milieu de tant de victimes si noblement tombées pour la France, vous resterez un de ceux qui ont donné le plus bel exemple de devoir et de patriotisme.

                                                                                    Vos dévoués

                                                                     Signé : Dormeuil Frères[1]

1919 02 16 cinq générations de Dormeuil                         1919 02 16 publicité Dormeuil Frères de 1946

A gauche: Cinq générations de Dormeuil. Les patrons de Lucien furent les deux frères André et Georges (in https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Arbre_g%C3%A9n%C3%A9alogique_Dormeuil.jpg )

A droite: une publicité des établissements Dormeuil Frères datant de 1946

Le dégel est complet, ce qui rend encore une fois, nos bois impraticables.



[1] Rappelons qu’avant guerre, Lucien était comptable dans les établissements Dormeuil Frères à Paris. « Employé dès 20 ans chez Dormeuil Frères, célèbre maison de commerce de tissus de qualité. »   Il y retournera une fois démobilisé. NDLR

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14 février 2019

14 Février 1919

14 Février 1919

Pour parachever tous les changements de ces temps derniers, nous avons dû transporter notre popote ailleurs. On sait que le propriétaire de la villa qu’elle occupait, un certain M. W., une fois démobilisé, nous avait cherché toutes les querelles possibles pour nous faire déguerpir. On avait bien obtenu que la maison soit réquisitionnée mais le Général Payot, auprès duquel notre phénomène a sans doute réussi à faire intervenir quelque personnalité, ne l’a pas entendu de cette oreille. « La Guerre est finie, a-t-il dit au Colonel Lefort, et nous ne sommes pas en territoire ennemi ; vous me ferez donc le plaisir de trouver une autre maison et cela, pas demain, mais tout de suite ! » Et comme tout le monde tremble devant le Général Payot, et qu’on ne discute pas ses ordres, force nous a été d’évacuer les lieux et de nous transporter en face, dans la propriété du Général Balfourier, où, ma foi, nous ne sommes pas plus mal, étant donné, surtout, que notre popote est un peu moins nombreuse maintenant.

1919 02 14 General Balfourier   1919 02 14 le général Balfourier est mort

 

A gauche, portrait du Général Maurice Balfourier (1852-1933) pendant la Grande Guerre, à droite, avis nécrologique dans le Courrier de l'Oise du dimanche 2 juillet 1933

Fini le froid ; le vent a complètement tourné et, après le déjeuner, la pluie s’est mise à tomber ; on va donc patauger à plaisir.

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13 février 2019

13 Février 1919

13 Février 1919

Un nouveau venu, le Commandant Gagey[1], un artilleur breveté qui me fait l’effet de joliment bien connaître l’organisation et la composition de l’Armée, vient de m’apprendre que la glorieuse 70e D.I. (Division d’Infanterie), qui a été pendant plus de 4 ans à toutes les fêtes, je veux dire à tous les endroits où l’on se battait le plus fort, a été dissoute à la date du 10 février, et ses éléments répartis dans les unités de la 77e D.I., la Division sœur, de laquelle elle n’avait jamais été séparée depuis Octobre 1914. Cette nouvelle m’a causé un petit serrement de cœur, car c’en est ainsi fini de l’existence du 226e et de sa 18e Compagnie[2].

1919 02 13 Gagey général 31 mai 1933 L'Express du Midi  Nomination du Commandant Gagey au grade de général de brigade (in L'Express du Midi du 31 mai 1933)

La D.T.M.A.[3] elle aussi vient d’être à nouveau transformée. Elle s’appelle maintenant la D.C.F.C. –Direction des Chemins de Fer de Campagne- et a pour chef le colonel Lefort. Ses attributions sont considérablement réduites, car son action ne s’exerce plus que sur les chemins de fer d’Alsace et de Lorraine et des pays Rhénans occupés. En entier, sauf Uxol, le bureau des travaux émigre à Paris, à la D.G.T.M.[4] ; les télégraphistes également. D’ailleurs, un grand nombre de membres de l’ancienne D.T.M.A. sont déjà partis : le Commandant Padev, le Capitaine Thierry, réclamés par leur administration ; M. Breaud[5], appelé à la D.G.T.M. Ce dernier est remplacé par un autre commandant de section de chemins de fer de campagne, M. Front, qui vient d’arriver. Il n’avait pas été mobilisé de toute la guerre ; il était donc temps qu’il le soit.

Un froid intense continue à sévir.



[1] Le Commandant Gagey, qui est maintenant Lieutenant-colonel, et appartenait jusqu’à ces derniers temps à l’Etat-Major du 33e Corps d’Armée, vient d’être –fin décembre 1926- nommé au commandement du 41e Régiment d’Artillerie. Promu Colonel et maintenu dans son commandement, aux promotions de Noël 1927. En janvier 1929, quitte son commandement pour être nommé chef d’Etat-Major du Gouvernement Militaire de Metz. En avril 1930, commandant de l’Artillerie de la 42e Division d’Infanterie. (note de l’auteur)

Le 30 mai 1933, Joseph Frédéric Nicolas Gagey (1876-1946) devient général de brigade NDLR.

[2] Rappelons que le Lieutenant Proutaux commandait en 1914 la 18e Compagnie au sein de 226e Régiment d’Infanterie. NDLR

[3] D.T.M.A. :  Division des Transports Militaires aux Armées NDLR

[4] D.G.T.M. : Direction Générale des Transports Militaires NDLR

[5] Henri Breaud, se reporter au 10 janvier 1919 NDLR