5 Octobre 1918

Il y a quatre ans aujourd’hui que j’ai été blessé !

Le colonel Lefort[1] vient de m’apprendre, ce soir, une chose extraordinaire que j’aurais peine à croire si ce n’était lui qui me l’avait annoncée : les Boches, par T.S.F., ont demandé un armistice ![2]

Je pense bien que, si le fait est confirmé, on ne leur répondra pas car il ne peut être question d’armistice tant qu’il y aura un pouce de notre sol entre leurs mains.

1918 10 05 rumeur de paix     Rumeurs de paix, in L’Intransigeant du 18 octobre 1918

Caricature de Jean Chaperon, (1887-1969). Fils du peintre militaire Eugène Chaperon, lui-même peintre, il fut membre du comité de la Société des humoristes. Illustrateur, dessinateur d'humour (Le Sourire dès 1913, Le Rire, La Baïonnette, Le Journal, Pêle-mêle, Ric et Rac, Ridendo, La Vie parisienne, Dimanche illustré...) et dessinateur pour enfants, il créa quelques affiches pour le Centre des républicains nationaux dans l'entre-deux-guerres. Il signait parfois ses œuvres Jean Paris. Durant l'occupation, Chaperon illustra un grand nombre de tracts et de brochures collaborationnistes, publiées notamment par le Comité d'action antibolchévique (souvent signés du pseudonyme d'Apis ou simplement "Ch. J.") et travailla aussi, en 1943-1944, pour Le Mérinos et Le Canard clandestin. Ecroué à Fresnes en mars 1945, condamné à 5 ans de dégradation nationale, il fut écarté des journaux.



[1] Sur le colonel Lefort, voir le 1er juillet 1918. (NDLR)

[2] Le 5 octobre 1918, dans un discours devant le Reichstag qui fait sensation, le prince Max de Bade, promu chancelier la veille, annonce qu’il a adressé, « avec l’accord des instances concernées », une note au président des États-Unis  « pour le prier de prendre en main le rétablissement de la paix ». Dans les milieux informés, on sait fort bien que les « instances concernées » – entendons l’Oberste Heeresleitung (OHL) – n’ont pas seulement donné leur accord à la démarche, mais qu’elles l’ont exigée, reconnaissant ainsi qu’il n’y a plus d’issue militaire à la guerre. (in La Fin de la Guerre en Allemagne, de Pierre Jardin, Revue Historique des Armées n°251, année 2008) (NDLR)