20 Octobre 1917

Coup de théâtre ! Je viens d’être appelé d’urgence au Bureau du Commandant, et pour apprendre quoi ? Que sur l’ordre du Général,  commandant le Département de la Seine, il m’était enjoint d’abandonner sans délai le commandement de la Section T pour reprendre ma place auprès du Commandant du Secteur pour les raisons suivantes :

1°) Ayant, par Décision du Ministre,  été affecté au secteur comme officier blessé, c’était à moi que revenait le seul emploi sédentaire que devait encore posséder le secteur.

2°) Le Lieutenant Martinon étant compris dans la prochaine liste des officiers renvoyés chez eux pour vétusté, il fallait que je me mette, le plus vite possible, au courant de son service particulier.

Pour une surprise, voilà une surprise ! Et moi qui n’étais pas fâché de m’être un peu éloigné de ce foyer d’intrigues, m’y voilà replongé de plus belle et par ordre supérieur, encore !

Le Commandant[1], que je n’ai fait qu’entrevoir tout à fait fugitivement, ne doit pas être autrement satisfait, mais, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il m’a assuré qu’il était enchanté de cette solution…

Je ne retournerai donc pas à Villeneuve St Georges et le regrette un peu car je m’étais déjà bien habitué à mon commandement.

GVC 29e Autun

"Je ne retournerai pas à Villeneuve St Georges et le regrette un peu car je m'étais déjà bien habitué à mon commandement." Cette photo illustrant les propos du Capitaine montre une équipe des G.V.C. en patrouille dans la région d'Autun

http://gvc.14-18.pagesperso-orange.fr/Identifier/Identifier01numeroKepiCol.html)

Il est à signaler que les secrétaires, plantons et ouvriers du centre du secteur dont les emplois ont été supprimés conformément à la nouvelle organisation, avaient tous, sans exception, demandé à être affectés à ma section. Cela, dans le fond, ne m’avait pas fait de déplaisir, car j’avais ainsi l’assurance que tous ces braves gens m’estimaient pour un bon chef. Ils vont en être, d’ailleurs, pour leurs frais, puisque la section va passer dans d’autres mains.

Quant au service du trésorier, je ne serai pas bien long à le posséder car il n’est guère compliqué et, du moment que le titulaire actuel pouvait remplir ces fonctions, le plus âne bâté de tous les ânes bâtés serait capable de le remplacer. Quant aux autres attributions, je n’ai rien à apprendre à leur sujet.



[1] Commandant Marc Doussaud, cf 5 février et les parutions de mars, mai et juillet 1917. (NDLR)